Le tirage en croix : ce que dit chaque position, lame après lame

Publié le 31 July 2026 · par Luc Vernier

Le tirage en croix : ce que dit chaque position, lame après lame
En bref

C’est le tirage le plus enseigné et le plus mal utilisé. Sa force ne tient pas aux cartes mais à ses positions : chacune pose une question précise, et c’est le croisement des cinq qui fait la lecture.

Le tirage en croix se fait avec cinq lames. Il tient en dix minutes, se retient facilement, et il est le premier que j’enseigne. Sa difficulté n’est pas de connaître les soixante-dix-huit cartes : c’est de respecter la question que pose chaque position, au lieu de raconter cinq fois la même histoire.

La structure : cinq positions, cinq questions

On pose une première lame au centre, puis une à gauche, une à droite, une en haut et une en bas. Le centre porte le sujet : la situation telle qu’elle est, pas telle qu’on la vit. La lame de gauche porte le passé proche, c’est-à-dire ce qui a mené là. Celle de droite porte ce qui se met en place.

La lame du haut est la plus utile et la plus négligée : elle porte ce sur quoi vous avez la main, les moyens dont vous disposez. Celle du bas porte l’inverse, ce qui échappe à votre contrôle, y compris vos propres automatismes. Une lecture qui confond ces deux dernières positions ne sert à rien.

Lire une lame dans sa position, pas dans l’absolu

Une même carte ne dit pas la même chose selon l’endroit où elle tombe. La Tour au centre décrit une situation qui s’effondre ; la même Tour en position de moyens décrit une capacité à rompre, à trancher, à cesser d’entretenir ce qui ne tient plus. Le sens n’a pas changé, le registre si.

C’est pourquoi apprendre des listes de significations mène à des lectures plates. Une lame est un mot ; la position est la fonction grammaticale de ce mot dans la phrase. On ne lit pas un tirage carte par carte, on le lit comme une phrase.

Les arcanes majeurs et les autres

Les vingt-deux arcanes majeurs décrivent des mouvements de fond : ce qui structure une période, ce qui revient, ce qui dépasse la situation immédiate. Les cinquante-six arcanes mineurs décrivent le quotidien, les échanges, les questions matérielles et les relations concrètes.

Un tirage composé presque uniquement de majeurs signale une période où les choses se jouent à un niveau que vous ne maîtrisez pas entièrement. Un tirage de mineurs, à l’inverse, ramène à des ajustements pratiques. Cette proportion se lit avant même le détail des lames.

Ce que ce tirage ne sait pas faire

Il ne répond pas par oui ou par non : sa structure est descriptive, pas binaire. Pour une question fermée, il faut un autre protocole, et je préfère généralement reformuler la question.

Il ne date rien. Les correspondances entre lames et durées, qu’on trouve dans beaucoup de manuels, relèvent de la convention et non de l’observation. Quand quelqu’un vous annonce un délai à partir d’une carte, il applique une règle qu’il a lue, pas une information qu’il a lue dans le tirage.

Enfin, il ne se relance pas. Retirer les mêmes cartes parce que la réponse ne convient pas revient à interroger jusqu’à obtenir ce qu’on veut entendre, ce qui vide l’exercice de son sens.

Questions fréquentes

Faut-il utiliser un jeu de Marseille ou un jeu illustré ?

Celui dont les images vous parlent. Le tarot de Marseille demande un apprentissage plus long, ses arcanes mineurs étant des figures géométriques et non des scènes. Les jeux illustrés donnent une lecture plus immédiate. La qualité d’une lecture tient à la méthode, pas au jeu.

Les cartes à l’envers changent-elles le sens ?

C’est une convention, pas une règle. Certains praticiens l’utilisent pour marquer un blocage ou une expression contrariée de la carte, d’autres ne retournent jamais leur jeu. L’important est de choisir une convention et de s’y tenir, sinon la lecture flotte.

Peut-on tirer les cartes pour soi ?

Oui, avec une limite connue : on lit mal ce qui nous concerne de trop près. Sur une question où vous espérez fortement une réponse, vous verrez ce que vous voulez voir. C’est vrai des praticiens aussi, et c’est pour cela que la plupart d’entre nous consultons quelqu’un d’autre.

Combien de temps faut-il pour apprendre ?

Quelques semaines pour tenir un tirage en croix de façon cohérente, des années pour lire finement. Le passage difficile n’est pas la mémorisation des lames, c’est le moment où l’on cesse de réciter des significations pour lire des rapports entre elles.

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L’auteur

Luc Vernier

Il reçoit en consultation depuis une quinzaine d’années, après avoir longtemps travaillé auprès de personnes en rupture, où il a appris à écouter avant de parler. Il tire les cartes, lit les thèmes et calcule les nombres sans jamais annoncer de date ni promettre de retour. Il écrit tous les guides de ce site pour une raison simple : la plupart des gens arrivent en consultation sans savoir ce qu’ils viennent y chercher, et repartent déçus d’une réponse qu’ils n’avaient pas les moyens de comprendre.

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